5 usages de Twitter pour les professionnels de santé et les chercheurs

L’utilisation des médias sociaux par les professionnels de santé a suscité, au courant des dernières années, de nombreux débats et réflexions autour des enjeux liés à la diffusion d’information santé sur le web. Si certains hésitent encore à développer une présence en ligne, nombre d’entre eux y trouvent cependant un intérêt qui dépasse la simple dissémination d’information santé. En effet, de plus en plus de professionnels et de chercheurs utilisent ces nouvelles plateformes de communication, notamment pour élargir leur réseau, diversifier leurs outils de veille et contribuer au transfert de connaissances scientifiques dans la communauté.  À cet égard, Twitter possède des qualités et des fonctionnalités qui correspondent à ces nouveaux usages, dont voici quelques avenues intéressantes à considérer :

1. Construire son réseau professionnel

Le choix de la plateforme Twitter pour développer une présence web repose sans aucun doute sur sa grande capacité de réseautage : il est évidemment possible de s’abonner à des comptes de collègues, mais aussi à ceux de professionnels de santé et de chercheurs extérieurs à son réseau habituel, par exemple des sommités de domaines médicaux spécialisés ou encore des organisations sanitaires internationales, etc., et ce sans obligation de réciprocité, comme c’est le cas sur d’autres plateformes.  Ces personnes ou organisations avec lesquelles il est peu probable d’interagir dans ses activités professionnelles quotidiennes, deviennent plus accessibles par le biais de Twitter.

Ainsi, la flexibilité de la plateforme permet d’ouvrir des possibilités de communication en dehors des méthodes traditionnelles et de sélectionner les comptes en fonction de ses affinités professionnelles afin de créer une communauté numérique personnalisée d’individus et d’organisations qui partagent ses intérêts.

Il faut toutefois souligner que la construction de ce réseau ne se réalise pas sans efforts et que, dans un premier temps, s’il peut paraître fastidieux de s’astreindre à la recherche de comptes pertinents, les bénéfices retirés par la suite peuvent largement compenser ce travail, notamment en créant des listes de comptes personnalisées qui permettront d’effectuer une veille plus efficace.

2. Échanger avec des pairs

Différentes communautés de professionnels partagent déjà leur expertise sur la plateforme Twitter, regroupés sous la bannière d’un mot-clic (#) lié à une thématique (par exemple #esanté, #cancer, etc.), ou encore désignant un réseau spécifique, par exemple le canal Health Care Social Media Canada (#hcsmca ) qui rassemble une communauté de personnes et d’organisations intéressées par l’amélioration des soins de santé, qu’elles soient utilisatrices ou dispensatrices de services, et qui partagent informations, connaissances et expériences. Cette communauté propose également des Tweet chat toutes les semaines, dont il est possible de lire les transcriptions sur le site de Colleen Young, leader de la communauté.

Participer à ces communautés peut s’avérer une excellente occasion de partager, commenter et poser des questions pour susciter l’échange autour de la santé et faire bénéficier d’autres utilisateurs de cette réflexion commune. Une fonctionnalité de messagerie directe (Direct Message : DM) est également offerte par la plateforme lorsqu’il est plus approprié de poursuivre la discussion dans un espace privé. Enfin, cet usage constitue également un moyen, pour les professionnels et chercheurs, de se construire une e-réputation positive.

3. Partager de l’information santé

Cet usage plus conventionnel demeure largement répandu et pertinent, plus particulièrement lorsqu’il est envisagé dans une perspective de curation de contenu.  La curation de contenu (étymologiquement du latin curare : prendre soin et de l’anglais content curation ou data curation), telle que définie sur le site Wikipédia, est une pratique qui consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus les plus pertinents du web pour une requête ou un sujet donné.

Ainsi, ce travail d’édition en amont d’une publication sur Twitter est une valeur ajoutée à simplement partager un lien, c’est un gage, pour les personnes abonnées au compte du professionnel de santé ou du chercheur que l’information est de qualité. Cette pratique permet au public de séparer le bon grain de l’ivraie, dans la surabondance d’informations sur la santé qui circulent sur le web, et le statut de professionnel renforce cette perception.  Il est donc recommandé de faire preuve de prudence avant de proposer de l’information et de ne pas faire l’économie de la lecture d’un article avant de le retwitter, par exemple.

4. Recherche d’information et veille

Utiliser Twitter comme outil de veille est un usage de plus en plus répandu. Des plateformes en rendent l’utilisation plus efficace et conviviale. Tweetdeck permet notamment de raffiner ses stratégies de recherche et Flipboard propose une lecture de sa veille plus agréable, en la transformant en magazine.

À titre d’exemple, Tweetdeck permet de :

  • regrouper l’information des abonnements sous diverses formes : timeline, notifications, mentions, favoris, messages privés, listes de comptes, mot-clics ;
  • organiser l’information selon ses besoins : personnalisation du tableau de bord en y disposant des colonnes de contenus spécifiques ;
  • utiliser des outils de recherche plus avancés (exclusion de mots, langue, etc.).

Voici une capture d’écran d’un magazine personnalisé Flipboard, à partir d’un compte Twitter. Il est également possible de s’abonner à d’autres magazines thématiques créés par des utilisateurs de Flipboard.

5. Mesurer la dissémination des savoirs scientifiques dans la communauté

Les chercheurs, communicateurs et professionnels de la santé développent un intérêt grandissant pour les médias sociaux afin de diffuser des savoirs scientifiques auprès du grand public, Twitter constituant un vecteur particulièrement profitable en raison du large potentiel de rayonnement qu’il procure.

D’ailleurs, de nouveaux outils permettant de mesurer l’impact d’un article scientifique sur les médias sociaux font leur apparition, par exemple Altmetric qui comptabilise les mentions issues de différentes sources et offre la possibilité de pouvoir lire les commentaires partagés sur le web social, ce qui s’avère une source précieuse pour mieux comprendre la dissémination d’un article scientifique dans la communauté.

 

Références :

www.altmetric.com
http://www.altmetric.com/details/2947376/twitter
https://cyhealthcommunications.wordpress.com/
https://emedcert.com/blog/why-healthcare-professionals-should-use-twitter
https://fr.wikipedia.org/wiki/Curation_de_contenu
https://cyhealthcommunications.wordpress.com/hcsmca-archives/

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