Technologies de l’information dans les établissements de santé: Quels risques?

Les avantages liés à l’utilisation des technologies de l’information sont considérables, autant pour le patient que pour le professionnel de la santé.  L’accessibilité à l’information clinique, un usage plus sécuritaire des médicaments, la promotion des bonnes pratiques d’autosoins, la diminution des délais et l’augmentation de l’efficacité en sont quelques exemples. Dans ce contexte où l’utilisation des TIC représente un moyen manifeste d’améliorer la qualité des soins santé, qu’est-ce qui constitue un obstacle à leur implantation? Les auteurs du récent ouvrage Des réseaux responsables de leur population. Moderniser la gestion et la gouvernance en santé1 expliquent cette situation en s’appuyant sur une étude de Paré et coll.2 où sont présentés les résultats d’une enquête Delphi menée auprès de 21 experts.

30 facteurs de risques ont été identifiés et répartis en sept groupes :

  • le risque technologique (nouveauté, complexité et instabilité, interopérabilité, performance technique) ;
  • le risque humain (enthousiasme et participation des utilisateurs, attentes irréalistes, degré de familiarité avec la technologie) ;
  • le risque découlant d’obstacles à l’utilisation du système (utilité perçue, convivialité, alignement du système avec les pratiques et processus locaux) ;
  • le risque lié à l’équipe de projet (confiance envers le pilote, leadership, instabilité de l’équipe, manque de connaissances, ambiguïté des rôles, attitude négative) ;
  • le risque relatif au projet (lourdeur des processus décisionnels, ambiguïté du business case, instabilité des besoins des utilisateurs, qualité de la gestion de projet, insuffisance de temps ou de ressources) ;
  • le risque organisationnel (engagement des dirigeants, collaboration entre les unités impliquées, instabilité au sein de l’établissement) ;
  • le risque stratégique et politique (jeux de pouvoir et enjeux politiques, manque de collaboration et de fiabilité des partenaires externes).

En conclusion, il est évident que le passage vers les nouvelles technologies constitue non seulement un changement technique, mais également un changement culturel. Le succès de l’implantation des TIC est, en quelque sorte, tributaire de transformations organisationnelles. Les établissements de santé au Québec sont-ils prêts à prendre ce virage pour l’avenir?

 

Sources et références :

1. Roy, D., Litvak, E., Paccaud. (2010). F. Des réseaux responsables de leur population. Moderniser la gestion et la gouvernance en santé, Le Point en administration de la santé et des servies sociaux.

2. Prioritizing the Risk Factors Influencing the Success of Clinical Information System Projects – A Delphi Study in Canada – Methods of Information in Medicine OECD Health Policy Studies, Improving Health Sector Efficiency, The Role of Information and Communication Technologies MSSS, Le rôle des technologies de l’information dans l’amélioration de l’efficience dans le secteur de la santé.

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